Fin de vie

« Euthanasie, de quoi se mêlent les mutuelles ? »

« Euthanasie, de quoi se mêlent les mutuelles ? » 8 septembre 2022
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« Euthanasie, de quoi se mêlent les mutuelles ? » – Le militantisme de plusieurs figures des mutuelles françaises en faveur de l’euthanasie interroge Tugdual Derville. Est-ce bien le rôle des mutuelles dont on attend « qu’elles nous protègent » de défendre la levée de « l’interdit de tuer »  ?

À quel titre des voix mutualistes se permettent-elles de réclamer qu’on légalise l’euthanasie ? Au congrès de la Mutualité française est annoncée, ce jeudi 8 septembre, une conférence, dans le cadre d’un forum « S’engager pour l’entraide et les solidarités ». Aux côtés de personnalités militant pour l’euthanasie, y interviendra Matthias Savignac, président de la Mutuelle générale de l’éducation nationale, qui a récemment pris position pour sa légalisation. Déjà, en janvier 2020, Thierry Beaudet, alors président de la Mutualité française, avait signé une tribune pour l’« aide active à mourir ». Depuis, il est devenu président du Conseil économique, social et environnemental…

De nos précieuses mutuelles, nous attendons tous qu’elles nous protègent – avec nos proches – en complément de la Sécurité sociale, que le reste du monde nous envie. Et voilà que des leaders mutualistes laissent entendre que la vie de certains de leurs sociétaires ne mériterait plus d’être vécue et qu’il faudrait lever, pour eux, l’interdit de tuer. Malaise, quand on sait les tensions budgétaires qui fragilisent notre système de santé : le conflit d’intérêts saute aux yeux.

« Le plus glauque »

Dès 2016, André Comte-Sponville, éminent soutien de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, qui promeut l’euthanasie, et dont le président d’honneur s’exprimera au congrès de la Mutualité française, n’excluait pas « l’argument économique » qu’il avouait « le plus glauque ». Le philosophe s’appuyait sur les propos d’un médecin estimant que « dans les six derniers mois de notre vie », nous coûtons autant à la Sécurité sociale que pendant tout le reste de notre existence. À ce « compte »-là, faudrait-il écourter nos vies de six mois ? 

Source : la-croix.com

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Commentaire du CPDH

C’est un point très intéressant que soulève Tugdual Derville : pourquoi les mutuelles se mêlent-elles d’euthanasie ? Pourraient-elles à terme refuser de rembourser les soins des personnes qui refusent de mourir ? Ce questionnement effrayant est une conséquence de la logique utilitariste de notre société de consommation. Les êtres humains sont des biens qui ont un coût pour la société. Quand ceux-ci sont jugés utiles (c’est-à-dire rapportent plus que ce qu’ils coûtent), ils ont le droit de vivre. Mais quand la balance s’inverse, ils auraient le devoir de mourir… Finalement, l’argument de la dignité n’est qu’un fragile vernis sur la loi économique impitoyable.