Discrimination Contre «l’adultisme» et les espaces «no kids», la Commission consultative des droits de l’homme alerte sur l’invisibilisation des enfants dans l’espace public

Discrimination Contre «l’adultisme» et les espaces «no kids», la Commission consultative des droits de l’homme alerte sur l’invisibilisation des enfants dans l’espace public
Publié le
July 6, 2026

Dans un avis rendu ce 6 juillet, la CNCDH recommande d’interdire les espaces réservés aux adultes, d’adapter les villes aux enfants et de les inclure davantage dans le débat public, pour lutter contre «l’adultisme».

Lutter contre «l’exclusion des enfants de l’espace public». Les mots sont directs dans le rapport remis ce lundi 6 juillet par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) à la Haute-Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry. Avec la multiplication des espaces réservés aux adultes, dits «no kids», dans les restaurants, les hôtels, ou encore les transports, en France, mais aussi en Europe, «la présence des enfants dans l’espace public s’est considérablement réduite depuis une quarantaine d’années», souligne la CNCDH.

Le sujet a connu une résonance médiatique particulière quand, en janvier, la SNCF lançait la classe Optimum réservée aux voyageurs de plus de 12 ans et promettant aux voyageurs «calme» et «confort». Pour la commission, ces espaces excluant les enfants relèvent de l’«adultisme», c’est-à-dire de la domination des adultes sur les enfants. «Nous sommes en train de mettre un coup d’arrêt à une évolution négative», a déclaré Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH, lors de la remise de l’avis.

Interdire les espaces no kids

Selon la commission, l’invisibilisation des enfants dans l’espace public peut s’expliquer par la volonté parentale de les protéger en restreignant leurs déplacements et leurs activités. Mais aussi par «une intolérance croissante, et parfois assumée, d’une partie de la population à la présence des enfants, considérés comme sources de nuisances, notamment sur le plan sonore».

En réponse à cette intolérance, la CNCDH recommande «d’interdire les espaces no kids lorsqu’ils ne sont pas justifiés par la nécessité de protéger l’enfant». «Le droit existant est tout à fait suffisant pour pouvoir prendre en charge ce type de phénomène», affirme Arthur Melon, délégué général du Conseil français des associations pour les Droits de l’enfant et corapporteur de l’avis. Il rappelle l’existence de deux lois, l’une de 1972 et l’autre de 2008, contre les discriminations liées à l’âge. Il n’existe toutefois pas de jurisprudence concernant les enfants, car «ces deux lois ont été uniquement appliquées pour les personnes âgées», souligne le corapporteur.

Source : www.liberation.fr

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