Fin de vie

Il est « urgent de remettre l’éthique au coeur de la santé »

Il est « urgent de remettre l’éthique au coeur de la santé » 7 novembre 2022
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Il est « urgent de remettre l’éthique au coeur de la santé » – Les soignants interrogent le sens profond de leur métier et témoignent d’états de « souffrance éthique », voire de souffrance psychique, s’estimant parfois en opposition avec les valeurs éthiques du soin, sans espace pour en parler, affirme le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), dans un avis rendu public lundi. 

« L’accumulation de facteurs de fragilisation a engendré une profonde démoralisation chez les soignants qui font face à un décalage de plus en plus manifeste entre leurs pratiques, perçues comme déshumanisées, et les valeurs éthiques du soin, et sont ainsi de plus en plus souvent en situation de souffrance éthique« , indique le CCNE. 

En cause notamment? Une « approche de la santé focalisée sur le traitement (le cure), plutôt que sur le soin (le care), et ce, au détriment de la santé publique et d’une approche globale des personnes. »

En cause aussi, « une gestion dysfonctionnelle du système de soins« , avec un modèle économique dans lequel les acteurs de la santé « ne se reconnaissent pas« .

La technicité favorisée au détriment de la relation humaine

« Les avancées technologiques de la médecine s’accompagnent d’une évolution de la conception du soin, centrée sur le geste technique qui peut aisément être évalué par un indicateur ‘mesurable’. On ne tient pas suffisamment compte d’une autre partie du soin, qui ne se prête pas aisément à une mesure du même ordre, et qui est pourtant essentielle puisqu’elle consiste à écouter, à dialoguer, à entrer en relation, à accompagner la souffrance, à rechercher par une approche interdisciplinaire le juste niveau de soins pour la personne« , pointe le CCNE. 

Ces avancées techniques peuvent générer des situations « inadéquates » du fait d’un déficit de réfléxion éthique couplé à une « sur-valorisation » des actes techniques par rapport aux actes réflexifs.

« Faire du seul motif que l’on sait faire techniquement peut ainsi parfois conduire à des situations de souffrance, de handicap secondaire, de dépendance, de vulnérabilités qui s’imposent à la personne« , explique l’avis. 

Source : actusoins.com

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Commentaire du CPDH

Un constat vraiment alarmant ! Une majorité de soignants se sentent en souffrance éthique dans leur métier car les gestes techniques remplacent peu à peu l’humain, l’écoute et l’empathie. Dans un système de santé plus que dysfonctionnel, ils sont pressurisés et peu reconnus avec des salaires souvent bas. Cette situation est pour le moins inquiétante et triste pour ces personnes qui s’engagent pour nous soigner. Prions que nos gouvernants puissent entendre leur souffrance et prendre des mesures adaptées au plus vite. Prions aussi pour tous ceux qui travaillent dans le monde de la santé.