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« Santé numérique : quand nos données valent plus cher que nos libertés »

« Santé numérique : quand nos données valent plus cher que nos libertés » 28 juin 2022
données de santé

« Santé numérique : quand nos données valent plus cher que nos libertés » – Cyrille Dalmont, chercheur associé à l’Institut Thomas More spécialisé dans les enjeux liés à la souveraineté numérique et les enjeux éthiques du numérique, explique que la doctrine de la CNIL en matière de protection des données personnelles a fini par céder aux sirènes de la marchandisation des données de santé.

En délivrant à la fin du mois de mai une autorisation permettant la mise en place d’un traitement automatisé de données à caractère personnel de santé dans l’optique de la création d’un « entrepôt » de données (bases de données de santé multiples) par un consortium d’entreprises privées baptisé « Agoria Santé » (regroupant AstraZeneca, la start-up Impact Healthcare et Docapost, filiale de La Poste), la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a fait un choix qui, derrière des dehors techniques qui rebuteront la plupart des citoyens et des responsables politiques, accélère son changement de doctrine (notable depuis quelque temps) mais surtout acte la bascule définitive vers la marchandisation des données de santé dans notre pays.

Cette décision met en effet un terme à l’équilibre (plus ou moins bien) observé depuis la loi informatique et libertés de 1978. Cet équilibre entre libertés publiques, missions d’intérêt public et protection de la vie privée des Français mais permettant la recherche, l’innovation et le progrès technique, reposait essentiellement sur l’intérêt général et la non-marchandisation de données dites sensibles (maladies, traitements, incapacités, etc.). C’est donc désormais à une vision anglo-saxonne à caractère mercantiliste – pour laquelle, schématiquement, seul le profit des entreprises permet l’innovation – à laquelle la France se rallie en matière de santé. Les nombreuses questions éthiques et politiques posées ces dernières années par cette approche marchande de la santé (qu’on pense au scandale Facebook-Cambridge Analytica révélé en 2018) ne sont donc plus considérées comme un frein suffisant à l’extension du « business médical » en France.

Source : marianne.net

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Commentaire du CPDH

Il y a de quoi être choqué par cette logique mercantile appliquée à nos données de santé ! Tout se vend et tout s’achète, mais quid de notre consentement ? Alors que nous pensions les organismes publics chargés justement de nous protéger de ces dérives, nous réalisons que ce marché lucratif est en fait bien orchestré. Le Covid a fourni une excellente opportunité de collecter un maximum de données de santé en format numérique et centralisé : une application mobile, des résultats de tests accessibles en ligne, des passes sous forme de QR code….