
En juin dernier, la startup Glucobit a signalé une fuite de données touchant Reframe, une application qui aide à gérer sa consommation d’alcool en suivant habitudes quotidiennes et bien-être émotionnel de ses utilisateurs. L’entreprise reste vague sur la partie du système touché par la fuite, mais alerte ses utilisateurs sur d’éventuelles communications frauduleuses évoquant leur « santé, bien-être ou habitudes personnelles ».
Pour Recorded Future, spécialiste américain du renseignement sur les cybermenaces qui vient de consacrer à la question un rapport, le cas est révélateur d’un risque appelé à prendre de l’ampleur : celui de voir des données de plus en plus intimes devenir exploitables par des cybercriminels. Le rapport ne dit pas que des données cérébrales ont été volées chez Glucobit. Il souligne que ce type d’informations pourrait demain servir à des arnaques extrêmement ciblées ou à du chantage, notamment si les données permettent d’établir des liens entre habitudes, états émotionnels et activité cérébrale.
« C’est du profilage », résume Hervé Chneiweiss. Pour le neurologue français et président du comité d’éthique de l’Inserm, l’enjeu n’est pas seulement de savoir si un hacker pourrait un jour exiger une rançon contre des données cérébrales.
Source : www.lepoint.fr