Le droit à l’amitié, un rêve antisocial

Le droit à l’amitié, un rêve antisocial
Publié le
August 31, 2026
La députée LFI Florence Guetté veut contractualiser l’amitié, histoire de disposer des avantages du mariage sans ses obligations sociales. Là où l’amitié politique est tout sauf un contrat, rappelle la philosophe Marianne Durano, la gauche libertaire rêve d’une "amitié anticapitaliste" dépendant de l’État.

"Légiférer l’amitié" : un beau programme, que se propose la députée LFI Clémence Guetté dans son ouvrage Pour une politique de l’amitié, publié le 27 août dernier aux éditions La Découverte. L’idée ? Étendre les droits familiaux aux amitiés particulières, en proposant, par exemple, un congé pour aider un ami malade, l’extension du congé parental à un ami "quand on choisit de faire un bébé toute seule" (sic), la reconnaissance de la coparentalité entre amis, la mutation professionnelle pour suivre un ami, et même la création d’un PaCS amical, donnant accès aux mêmes droits fiscaux et testimoniaux que le PaCS conjugal.

Ciel, mais c’est mon mari !

Forte de son siège à l’Assemblée, Clémence Guetté vient même de déposer une proposition de loi en ce sens. L’objectif, avoué, est de proposer des alternatives à la "famille traditionnelle", dont la valorisation est, affirme-t-elle sans complexe sur France Inter, une idée d’extrême-droite, tandis que la promotion de l’amitié, elle, serait un combat anticapitaliste. Le couple, même gay, c’est déjà trop réac pour Clémence Guetté. L’argumentaire ? En donnant droit à davantage de congés, la politique de l’amitié permettrait de soustraire des jours de travail au système capitaliste. Dont acte. Consciente qu’on ne peut pas accumuler à l’infini les jours de congé, la députée limite quand même ses propositions à… un seul ami, exclusif, et reconnu par l’État.

Une personne unique, qui promet de me soutenir dans les épreuves, avec qui je partage des moments de qualité, des conversations intimes, mais aussi mes charges familiales et fiscales : attendez, cela me dit quelque chose. Ciel, mais c’est mon mari ! Tous ces détours anti-capitalistes pour redécouvrir que le mariage, avant d’être une histoire de fesses, est d’abord une alliance devant l’épreuve, une amitié féconde, et un engagement social. En fait, après nous avoir seriné pendant des décennies que le sexe est politique, la gauche libertaire se souvient qu’il ne suffit pas à fonder une société. Il faudrait donc, selon Clémence Guetté, déclarer sa relation avec autrui, en précisant si on couche ou pas avec lui, le résultat étant le même dans les deux cas. Formidable émancipation, qui nous propose de remplir des formulaires pour déclarer nos amitiés. Que devient le couple traditionnel dans tout cela ? Des amis qui couchent ensemble et se passent de l’État pour procréer. Les autres, couples "libres", coparents et autres mamans-solo, ont à ce point décorrélé sexualité et procréation, procréation et conjugalité, que leur réalité familiale devient une pure construction sociale, tributaire, par conséquent, de la reconnaissance officielle de l’État. On se libère de la nature pour mieux dépendre des institutions sociales. On ne déconstruit pas impunément la biologie réactionnaire.

Source : fr.aleteia.org

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