Procréation

Utérus artificiel : mythe ou réalité ?

Utérus artificiel : mythe ou réalité ? 2 décembre 2019
UTÉRUS ARTIFICIEL : MYTHE OU RÉALITÉ ?

Bien qu’elle semble encore relever de la science-fiction, l’idée pourtant se concrétise doucement. L’Institut Européen de Bioéthique fait le point sur la question dans un dossier consacré à ce thème et met en garde sur les problématiques éthiques qui en découleront. 

Partiel ou total ?

Quand on parle d’utérus artificiel aujourd’hui, il y a deux idées. La première est celle d’un utérus « partiel » ou « tardif » qui permettrait aux grands prématurés de terminer leur croissance dans une « sorte de couveuse très sophistiquée ». L’autre idée est d’envisager le développement d’un bébé en dehors du corps de la femme dans un incubateur à partir d’un embryon obtenu par FIV, c’est l’utérus artificiel « total ». En 1923, le généticien John B.S. Haldane avait inventé le terme d’ « ectogenèse ».

L’objectif de cet utérus est de reproduire les fonctions de l’utérus maternel en apportant tous les besoins matériels nécessaires au développement de l’enfant. Dans le cas d’un utérus artificiel partiel, l’enfant serait placé dans un « Biobag », une poche en plastique remplie d’un liquide amniotique de synthèse. Les échanges sanguins, la nutrition et l’oxygène seraient assurés par une machine reliée au cordon ombilical (cf. Utérus ou placenta artificiel ? Des recherches qui remontent aux années 1950; Des agneaux extrêmement prématurés maintenus en vie dans un « utérus artificiel »).

Aujourd’hui, un enfant est prématuré s’il nait avant 37 semaines d’aménorrhée. Avant 28 semaines d’aménorrhée, on parle d’une prématurité extrême. En Europe, un nourrisson a survécu suite à un accouchement à 23 semaines et 5 jours d’aménorrhée. Les prématurés peuvent survivre de plus en plus tôt (cf. Nouveau-nés prématurés : des bébés viables de plus en plus tôt ; Bébés prématurés : des chances de survie dès 22 semaines), cependant, la mortalité des grands prématurés reste importante. Cet utérus artificiel « partiel » donne l’espoir de sauver plus d’enfants et de leur garantir une meilleure santé, sans pour autant repousser la limite de la viabilité.

En parallèle, s’ajoute un allongement de la durée de survie des embryons in vitro avant leur implantation dans l’utérus de la mère. Certains pays européens ont fixé, à ce jour, cette limite à 14 jours. Sur 9 mois de grossesse, il est donc possible de réduire à 5 mois, pour le bébé, le temps passé in vivo. 

Source : genethique.org

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Commentaire du CPDH

L’utérus artificiel a fait couler beaucoup d’encre. Si l’ectogénèse complète est pour le moment une utopie, l’utilisation partielle d’un utérus artificiel serait pour bientôt. Elle pose de nombreuses questions éthiques : quel respect pour le début de la vie ? servira-t-il pour des grossesses externalisées de confort ? quels impacts sur le lien mère/enfant ?