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Remise en cause de l’avortement aux Etats-Unis, panique morale en France (ou les effets pervers de l’importation de débats radicalement étrangers)

Remise en cause de l’avortement aux Etats-Unis, panique morale en France (ou les effets pervers de l’importation de débats radicalement étrangers) 3 juillet 2022
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Remise en cause de l’avortement aux Etats-Unis, panique morale en France (ou les effets pervers de l’importation de débats radicalement étrangers) – La Cour suprême américaine a révoqué le célèbre arrêt Roe v. Wade qui garantissait le droit à l’avortement aux Etats-Unis. Emmanuel Macron a déploré la « remise en cause » des « libertés » des femmes. La majorité présidentielle a depuis annoncé vouloir inscrire ce droit dans la Constitution française.

Atlantico : Vendredi 24 juin, la Cour suprême a révoqué le célèbre arrêt Roe contre Wade de 1973 qui garantissait la possibilité d’avorter dans les 50 États des États-Unis. Peu après, Emmanuel Macron a déploré la « remise en cause » des « libertés » des femmes. LREM a annoncé vouloir inscrire ce droit dans la Constitution française, avec le soutien d’Elisabeth Borne. À quel point cette proposition est-elle le signe d’une panique morale ?

Eric Deschavanne : Je n’aime pas cette expression qui sent le cuistre à plein nez. Il ne s’agit pas d’une « panique morale », mais de l’expression ordinaire de la politique à l’ère des réseaux sociaux. On conçoit, sur la base du buzz médiatique des dernières 24h, une proposition qu’on prétend valable pour le futur millénaire ! Cette proposition de constitutionnalisation du droit à l’avortement procède en réalité du mariage de la bêtise et du cynisme. Bêtise de ceux qui agitent sincèrement la peur irrationnelle d’une remise en cause du droit à l’avortement, cynisme de ceux qui utilisent cette peur pour instrumentaliser la constitution à des fins politiciennes dérisoires. 

Le droit à l’avortement est solidement installé en France, soutenu par les mœurs, lesquelles mœurs sont elles-mêmes soutenues dans la durée par deux principes simples et pérennes, l’égale liberté d’une part, la laïcité d’autre part, qui sépare religion et politique. Le principal garant du droit à l’avortement est le sens de l’histoire, les tendances lourdes de la sécularisation, de l’émancipation des femmes et des progrès de l’individualisme.

Le facteur déterminant en France et en Europe est la déchristianisation, qui s’est accélérée au cours du dernier demi-siècle. Contrairement à ce qu’affirment les féministes, le militantisme anti-avortement n’a rien à voir avec le patriarcat et la domination masculine. Pour les hommes aussi, la légalisation de l’avortement fut une libération, puisqu’elle les dispensait de se soucier outre mesure des conséquences de l’acte sexuel.

Rappelons par ailleurs que les femmes ne sont pas une minorité, mais composent la moitié de l’électorat, de sorte qu’on voit mal comment le droit à l’avortement pourrait être remis en cause sans leur accord. La menace ne pourrait venir, si on y croit, que d’un éventuel « Grand remplacement », l’islam étant d’ores et déjà la première religion en France en nombre de pratiquants. 

Source : atlantico.fr

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Commentaire du CPDH

Il est intéressant de constater qu’aussi bien les défenseurs du droit à l’avortement que ses opposants, considèrent son inscription dans la constitution française comme un non-sens ! Il apparaît très clairement que l’importation de ce débat américain en France est une instrumentalisation politique et électoraliste des partis qui y voient une façon, au mieux, d’asseoir leur pouvoir à court-terme, au pire d’affaiblir la démocratie à long-terme. Affaire à suivre !