Fin de vie

Confinement : faire face au sentiment d’abandon des personnes âgées

Confinement : faire face au sentiment d’abandon des personnes âgées 14 avril 2020
Isolement personnes âgées

« Si les conséquences du confinement en termes de violences aux femmes ou aux enfants ont fait l’objet de débats publics, les maltraitances aux âgés sont peu évoquées », explique Alice Casagrande, présidente de la commission pour la promotion de la bientraitance et de la lutte contre la maltraitance. Aussi a-t-elle saisi le Comité Consultatif national d’Ethique le 9 avril dernier pour demander l’instauration d’une veille sur ces questions « en lien avec les espaces éthiques », le rapport de Jérôme Guedj n’ayant pas abordé cette question (cf. Face à l’isolement, une mission suscitée par le ministre de la santé ébauche des réponses) dont les cinq premières mesures ont été adoptées le 8 avril dernier.  

Pour Alice Casagrande, cette « question relève à la fois de la santé publique, de l’éthique et des pratiques démocratiques ». Il s’agit de mieux appréhender le phénomène et « surtout de mieux le comprendre ». En effet, « les personnes âgées et handicapées, comme les enfants et les femmes victimes de violence, n’expriment guère leur souffrance, qu’elles subissent sans savoir vers qui se tourner ». Avec le confinement à domicile, il peut arriver que « des aidants peuvent par exemple perdre patience ». Et dans les établissements, des dérives des pratiques « qui vont au-delà de ce qu’impose la sécurité sanitaire, dont le bien-fondé n’est pas contesté » peuvent se mettre en place. « Il en résulte des négligences, des ruptures de lien social, voire des abandons liés à l’absentéisme ou du droit de retrait des salariés qui dégradent les conditions normales d’intervention ».

Une veille d’autant plus importante que certaines personnes âgées peuvent « se sentir abandonnées » alors que « les manques de certains établissements en terme d’accompagnement psychologique et social des résidents » sont déjà insuffisants. Des lacunes, « accentuées par la mise à l’écart contrainte des professionnels de santé extérieurs aux établissements (psychologues, kinésithérapeutes, ergothérapeutes…), ainsi que des bénévoles », font craindre « aux soignants une vague de ce qui est tantôt appelé «syndrome de glissement» (le terme est sujet à débat) ou de sentiment profond d’abandon qui se traduit par une décompensation si forte qu’elle conduit au décès de la personne ». Pour Florence Braud, aide-soignante en Ehpad, « les gens peuvent partir très vite. Nous avons aujourd’hui très peur de ça »

Source : genethique.org

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