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L’eugénisme hier et aujourd’hui (6) : les origines de l’eugénisme moderne

L’eugénisme hier et aujourd’hui (6) : les origines de l’eugénisme moderne 16 juin 2020
Les origines de l'eugénisme

L’eugénisme postchrétien présente de nombreuses ressemblances avec l’eugénisme préchrétien. Cela n’est pas étonnant : la nature humaine déchue, livrée à ses propres forces ou refusant la guérison offerte par la Révélation, sera toujours attirée par les mêmes erreurs et portée aux mêmes exactions : « Sans votre divin secours, Rien ne subsiste dans l’homme, Rien qui ne soit pas péché » (Séquence de la messe de la Pentecôte). 

Mais le nouvel eugénisme présente aussi des dissemblances avec l’ancien, qui ne sont pas dues seulement à une amélioration des techniques, mais qui reflètent la différence entre une société non-chrétienne, et un société apostate. L’apostasie fait descendre plus bas dans l’abjection que le paganisme, car la négation des valeurs chrétiennes entraîne la négation des valeurs naturelles accessibles à la raison, que le monde antique avait plus ou moins découvertes. Ôtez le surnaturel, il ne restera pas même le naturel. 

Premières manifestations 

Les premières traces d’un nouvel eugénisme peuvent être retrouvées à la Renaissance chez des auteurs comme le sceptique Montaigne (1533-1592), l’humaniste Rabelais (1494-1553) ou encore le dominicain Campanella (1568-1639) – qui passa une bonne partie de sa vie dans les prisons du Saint-Office. Tous trois manifestent un souci de la sélection des meilleurs. Les humanistes de cette période étaient en effet captivés par « l’assimilation du passé dans l’ordre de la beauté plus que de la vérité, et aussi un retour à la nature exaltée par l’hellénisme païen. (…) De même que les artistes renouvelaient les formes anciennes, les philosophes ont ressuscité la plupart des systèmes anciens 1 ». 

Quant à Francis Bacon (1561-1626), l’un des penseurs qui ouvrent la période moderne, il dépeint dans la Nouvelle Atlantide une société organisée suivant une politique guidée par la science et la raison, où « la constitution des couples doit être une affaire d’Etat… ayant pour but la procréation d’une race forte et intelligente ». Pour ce philosophe, ce n’est plus sur Dieu que la vie morale doit se régler, mais sur l’utilité sociale et humaine. Le but de la vie morale est donc le bien de l’humanité : « est bon, ce qui est utile à l’humanité ». Cette morale tend donc inéluctablement à l’utilitarisme. Cette formule, reprise, amplifiée et déformée, aura de nombreuses conséquences quelques siècles plus tard. 

C’est un eugénisme positif attaché à l’idée de la “qualité” humaine qui prend naissance. 

Source : fsppx.news/fr

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