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Chimères humain-animal: «Ne jouons pas aux apprentis-sorciers»

Chimères humain-animal: «Ne jouons pas aux apprentis-sorciers» 2 octobre 2019

FIGAROVOX/TRIBUNE – La juriste Olivia Sarton alerte sur un volet moins commenté du projet de loi bioéthique, dont l’examen est en cours à l’Assemblée: la possibilité pour les chercheurs de créer des embryons mêlant des cellules humaines et animales.

Olivia Sarton est une ancienne avocate, directrice juridique adjointe de l’association «Juristes pour l’Enfance».

Lorsque je jette mes bouteilles en verre dans le conteneur prévu à cet effet, je suis divertie par un autocollant apposé là par un militant de la cause antispéciste. On y voit une vache échanger avec un cochon: «Dis, tu crois vraiment, toi, que de plus en plus d’humains décident de ne plus nous manger?» dit la première. «Bien sûr», répond le cochon, «Tiens regarde, là devant, j’en vois un sur qui on peut compter».

Devant cet engagement des antispécistes pour défendre leur cause, il est étonnant de ne pas les avoir entendus s’exprimer sur le projet de loi bioéthique en cours d’examen devant le Parlement depuis le 24 juillet 2019 .

En effet, ce projet de loi ouvre grande la porte dans son article 15 à la création de chimère animal-humain, c’est-à-dire d’embryon mêlant des cellules humaines et des cellules animales. Ce n’est rien moins que la tentation originelle – et donc bien peu originale – de l’homme de se vouloir créateur, à l’égal de Dieu, qui semble en cours de réalisation.

En effet, pour ne pas rater «la course au grand progrès scientifique», le projet de loi veut autoriser, comme le font déjà d’autres pays, «l’insertion de cellules-souches pluripotentes induites dans un embryon animal dans le but de son transfert chez la femelle» (alinéa 4 de l’article 15 du projet de loi).

Source : lefigaro.fr

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Commentaire du CPDH

Une prise de position vraiment très intéressante d’Olivia Sarton, Juristes pour l’enfance. Elle s’étonne à raison, que les mouvements antispécistes et écologiques ne se soient pas emparés de la question des chimères, mi-humains mi-animaux, qui seront permis grâce à la nouvelle loi bioéthique. Puisque les désirs individuels et la recherche du bonheur personnel priment sur l’intérêt général, il faudra du courage politique pour s’opposer à ce projet et à la société qu’il nous propose. Une citation : « Les mutations scientifiques en cours n’entraîneront donc pas un accroissement du bonheur. »