Biotechnologies

Une expérience sur des embryons humains génétiquement modifiés tourne au fiasco

Une expérience sur des embryons humains génétiquement modifiés tourne au fiasco 19 juin 2020
Expérience embryons humains tourne au fiasco

Un centre de recherche biomédicale de Londres a mené des expériences d’édition génétique par CRISPR sur des embryons humains. Les chercheurs ont constaté que plus de la moitié des embryons contenaient des mutations involontaires et de larges délétions de séquences ADN. Preuve que la technique est encore loin d’être au point et que le « bébé amélioré » n’est pas pour demain.

Depuis sa découverte en 2012, la technique d’édition génétique CRISPR-Cas9 suscite de nombreux espoirs dans le traitement de maladies rares incurables ou pour modifier des traits génétiques. Peu coûteuse et bien plus facile que les techniques de modification génétique traditionnelle, cette méthode fait l’objet de nombreuses expériences à travers le monde. La plus retentissante est celle du généticien chinois He Jiankui, qui avait donné naissance en 2018 à deux fillettes possédant une version modifiée du gène CCR5 permettant de les prémunir d’une infection par le VIH. Un journaliste de la MIT Technology Review avait, par la suite, révélé que les bébés avaient subi des mutations involontaires dans leur génome « aux conséquences imprévues ».

22 % des embryons présentant des mutations accidentelles

Une nouvelle expérience menée par le Francis Crick Institute, un centre de recherche biomédicale de Londres, vient une nouvelle fois doucher les espoirs des partisans de cette technique. Kathy Niakan et ses collègues ont utilisé CRISPR-Cas9 pour supprimer un gène nommé POU5F1 chez 18 embryons humains. Lorsqu’ils ont procédé au séquençage génétique d’un chromosome, ils se sont aperçus que dix embryons présentaient de graves anomalies dont quatre avec des délétions ou des additions de séquences directement adjacentes à l’endroit où l’ADN avait été cassé.

Des mutations dites on-target, par opposition aux mutations off-target qui affectent d’autres parties du génome. Bien que l’expérience n’ait pas été prolongée au-delà de 14 jours pour des raisons éthiques, « elle souligne l’important travail de recherche qui reste à effectuer pour assurer la sécurité de l’édition génétique avec CRISPR-Cas9 », souligne Kathy Niakanet dans l’étude pré-publiée sur bioRxiv.

Source : futura-sciences.com

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Commentaire du CPDH

S’il fallait une preuve de la folie des manipulations génétiques, la voici : elles sont en fait incontrôlables car une modification du génome à un endroit peut entraîner des anomalies génétiques graves, voire mortelles, à d’autres endroits de l’ADN. Nous continuerons donc à demander un meilleur encadrement juridique de ces pratiques dans le projet de loi bioéthique qui revient à l’assemblée nationale le 6 juillet prochain.