Liberté d'expression et de religion

Mathieu Faucher : « J’ai fait de la culture, pas du catéchisme »

Mathieu Faucher : « J’ai fait de la culture, pas du catéchisme » 22 décembre 2020
Mathieu Faucher

Mathieu Faucher : « J’ai fait de la culture, pas du catéchisme » – Sanctionné par l’Éducation nationale pour prosélytisme religieux, Mathieu Faucher a été de nouveau blanchi par la justice.

Ça redonne foi en la justice. L’arrêt du 17 décembre de la cour administrative d’appel de Bordeaux clôt un long feuilleton judiciaire. La sanction de l’Éducation nationale à l’encontre du professeur des écoles Mathieu Faucher « doit être annulée ». L’emballement bureaucratique s’est finalement heurté à la justice.
Lors de l’année scolaire 2016-2017, le professeur des écoles Mathieu Faucher enseigne à une classe de CM1-CM2 de Malicornay. Le 30 janvier, une lettre anonyme l’accuse de prosélytisme religieux après que l’enseignant a fait travailler ses élèves sur des extraits bibliques. « Tout commence avec la direction académique de l’Indre, la seule concernée au départ », se rappelle-t-il. En 2017, « le rectorat Orléans-Tours a validé la sanction voulue par la direction académique de l’époque », à savoir une mutation disciplinaire.

« Entière satisfaction »

En 2019, l’affaire est portée devant le tribunal administratif de Limoges qui blanchit le professeur. « Puis, elle se retrouve propulsée au cabinet du ministre de l’Éducation nationale qui dépose un recours » contre la décision de la première instance.
Mathieu Faucher retrouve la sérénité à la lecture des motivations de la cour. « Elles me donnent entière satisfaction. » Il passe quelques unes en revue. « M. Faucher n’a aucun moment manifesté une quelconque croyance religieuse dans l’exercice de ses fonctions d’enseignant. » […] « Les textes bibliques ont fait l’objet d’une mise en perspective ainsi que d’une mise en relation avec d’autres textes. Et ils ont servi d’ouverture pour aborder des thèmes en rapport avec le programme d’éducation morale et civique. » Il soupèse les arguments : « La cour établit que mon enseignement s’inscrit parfaitement dans les programmes de l’école primaire. Là aussi, c’est un gros camouflet » pour l’acharnement administratif.

Source : lanouvellerepublique.fr

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Commentaire du CPDH

« Il est enjoint au ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, d’affecter M. Faucher à l’école de Malicornay, dans un délai d’un mois », c’est ainsi que se conclut la décision de la cour administrative de Bordeaux. L’Etat est donc condamné et le tribunal a estimé que les lectures d’extraits de la Bible « ont présenté un caractère limité, et ne peuvent être regardées comme ayant eu pour objet ou pour effet de porter atteinte à la liberté de conscience des élèves ni comme ayant méconnu le principe de neutralité et de laïcité« .

C’est un jugement extrêmement important, qui rappelle que l’enseignement du fait religieux et de la culture, notamment inspirée par le christianisme, ou la Bible, n’est en rien assimilable à un crime de lèse laïcité.