Liberté d'expression et de religion

Droit de blasphème ?

Droit de blasphème ? 20 novembre 2020
Droit de blasphème ?
L’ignoble assassinat de Samuel Paty, pour avoir montré un dessin, a fait resurgir et mis à vif un débat latent en France, un débat qui s’était plutôt fait discret depuis quelques mois. Il s’agit des questions relatives à la laïcité, au rapport au religieux en France, et aux libertés fondamentales.

Droit de blasphème ? – En effet, de nombreuses voix se sont exprimées, pour dire leur consternation, affirmer leur attachement aux valeurs de la République, exprimer leur solidarité avec le corps enseignant. Qui plus est, certaines ont tenté de capter la profonde émotion des Français pour faire avancer leur propre agenda, qui la suppression du concordat, qui la promotion d’un athéisme militant, qui une compréhension particulière de la laïcité, qui plus bassement encore un positionnement politique personnel en vue d’échéances à venir.

On ne dira jamais assez que la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation de l’Église et de l’État est une loi de liberté, liberté de conscience d’abord, liberté religieuse ensuite ; libertés garanties par le moyen d’une neutralité de l’État. La loi de 1905 n’est en rien une loi de confinement du religieux dans la sphère privée, comme cherchent à le promouvoir ceux qui voudraient épurer la société de toute manifestation du religieux.

Je vois bien que d’aucuns, allergiques au religieux, voudraient que les religions en France restent tranquilles et aussi invisibles que possible. Si l’État est laïc, la société ne l’est pas. Cette dernière ne peut que refléter les expressions religieuses des Français. En effet, une religion est publique, du fait de ses rites, du fait de la culture vestimentaire et symbolique dont elle est porteuse, du fait de la vision du monde, de l’humanité et du vivre en société qu’elle conçoit. On a trop voulu réduire les Lumières à un athéisme. Or Voltaire, Rousseau et Diderot n’ont pas le même Dieu.

Source : uepal.fr

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Commentaire du CPDH

Christian Krieger de l’UEPAL, nous livre une réflexion intéressante sur le droit réclamé au blasphème. Si nous tenons évidemment au respect de la liberté d’expression, il nous semble que l’Etat doit également garantir la liberté de conscience et le respect de chaque citoyen. Or quand certains prennent le « droit » d’insulter, d’outrager, de mépriser, d’autres membres de la communauté nationale en raison de leurs croyances, la liberté de conscience et l’intégrité de ces derniers sont atteintes. Par ailleurs, nous rejoignons tout à fait l’analyse de Christian Krieger : le blasphème est une notion théologique, comment un Etat laïc pourrait-il donc juger ce qui est blasphématoire et ce qui ne l’est pas, ne reconnaissant lui-même aucun Dieu ? Sur quels critères se fonderait-il ?