Liberté d'expression et de religion

Dialogue de sourd entre les jeunes et leur secrétaire d’État

Dialogue de sourd entre les jeunes et leur secrétaire d’État 30 octobre 2020
dialogue de sourd entre les jeunes et leur secrétaire d’État

Dialogue de sourd entre les jeunes et leur secrétaire d’État – Une centaine de jeunes ont eu l’occasion de rencontrer la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry, à l’issue de leur rencontre nationale autour de la question des religions dans la société, organisée par la Fédération des centres sociaux, à Poitiers, le 22 octobre. Sarah El Haïry n’a pas réussi à établir le dialogue qu’espéraient les jeunes.

C’est ce qu’on appelle un rendez-vous manqué. Après trois jours d’échanges et de débats intenses, sur le thème de « La place des religions dans la société », les 130 adolescents venus de toute la France, rassemblés du 20 au 22 octobre au lycée Isaac de l’Étoile, à Poitiers – à l’initiative de la Fédération des centres sociaux –, espéraient engager un dialogue de fond avec Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement. Celle-ci était venue tout exprès de Paris pour les rencontrer à l’issue de leurs travaux et pour écouter ce qu’ils avaient à lui dire.

Un rendez-vous d’autant plus opportun qu’il intervenait quelques jours après l’attentat terroriste contre Samuel Paty, ce professeur d’histoire assassiné par un fanatique religieux devant son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). De quoi donner un certain relief à cette rencontre prévue de longue date. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.

Trop peu d’enseignement sur les religions

Tout avait pourtant bien commencé. Réunis dans le gymnase du lycée, des porte-parole désignés par leurs camarades ont commencé à dresser un état des lieux. « On est partis de notre propre vécu, de nos expériences personnelles dans différentes situations, le lycée, la rue, le travail ou la formation, et on s’est rendu compte que nous vivions des choses similaires, des discriminations, par rapport à notre couleur de peau, notre origine, notre orientation sexuelle ou notre religion », raconte l’une d’entre eux, Tina, 17 ans, élève en classe de terminale.

Il faut aimer la police, car elle est là pour nous protéger au quotidien. Elle ne peut pas être raciste, car elle est républicaine !
Sarah El Haïry, secrétaire d’État

Les paroles prononcées sont directes et sans filtre. Mais au moment où l’un des adolescents évoque « les violences policières » et les contrôle au faciès dont certains s’estiment victimes, la ministre se lève d’un bond, n’hésitant pas à l’interrompre pour lui expliquer qu’« il faut aimer la police, car elle est là pour nous protéger au quotidien. Elle ne peut pas être raciste, car elle est républicaine ! ». Malaise dans la salle.

Source : lavie.fr

Découvrir la suite de l’article sur le site d’origine

Commentaire du CPDH

Voici des paroles vraiment choquantes de la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry, qui apparemment méconnaît la définition de la laïcité et le fonctionnement des institutions. Pour rappel, si l’Etat, les institutions et les agents du service public doivent êtres laïcs dans l’exercice de leur fonction, il n’en va pas de même des citoyens, élèves et usagers, qui ont évidemment le droit d’avoir des croyances, une religion ou pas, et de le dire ! Les propos de ces jeunes gens paraissent bien plus sages que ceux de la secrétaire d’Etat, et moins dangereux pour les libertés individuelles. Le dialogue est primordial pour éviter la radicalisation et les « séparatismes », espérons que les propositions de ces jeunes soient entendues en haut lieu.