Société

L’écriture inclusive doit son nom à la théologie protestante

L’écriture inclusive doit son nom à la théologie protestante 1 mars 2021
écriture inclusive

L’écriture inclusive doit son nom à la théologie protestante -Si les pratiques épicènes du langage sont apparues simultanément au sein de différents milieux féministes à la toute fin des années 1970, c’est à des théologiennes protestantes qu’elles doivent leur nom. Explications.

L’écriture inclusive fait incontestablement partie des grands débats ô combien sensibles de cette décennie. Et le champ de la religion ne saurait y échapper. Si certains s’en offusquent, d’autres embrassent à corps perdu cette nouvelle façon de dire et penser le monde. Alors que Le Courrier annoncese lancer prochainement dans l’écriture épicène et que la RTS attire l’attention de ses collaborateurs sur le sexisme qui transparaît dans nos mauvais usages langagiers, Julie Abbou, une chercheuse française en sciences du langage et spécialiste des questions de genre, vient rappeler les origines toutes protestantes de ce terme. Interview.

L’expression «écriture inclusive» – notion qui fait tant débat aujourd’hui – trouve, selon vos recherches, ses racines dans la théologie protestante. Qu’en est-il exactement?

Les premières utilisations des termes «langage inclusif» et «écriture inclusive» se retrouvent sur différents supports à partir de la toute fin des années 1970, début des années 1980, aux États-Unis et au Canada. Et quand on regarde de près ces productions, on s’aperçoit que c’est quasiment uniquement le fait de théologiennes féministes protestantes. Dans une moindre mesure, certaines théologiennes évangéliques emploient également ces expressions, mais c’est surtout du côté des protestantes historiques que l’on note cette nouvelle terminologie.

Quel était le but de ces théologiennes?

Selon la théologienne Nancy Hardesty, l’objectif du langage inclusif est de signifier que le message de la Bible s’adresse  à tout le monde, et non seulement aux hommes. Pour cela, elles portaient deux revendications distinctes. Premièrement, l’idée était de s’adresser dorénavant autant aux croyantes qu’aux hommes et que celles-ci puissent s’exprimer en leur nom et sensibilité propres. Ce qui est d’abord visé, c’est une visibilisation des femmes aux côtés des hommes. Ensuite, certaines d’entre elles souhaitaient également revisiter les textes bibliques, notamment sur des aspects terminologiques. Elles avancent que l’on parle de Dieu seulement par analogie, donc si Dieu est masculin, alors le masculin est Dieu, et c’est cela qu’elle veulent remettre en question.

Source : reformes.ch

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