Société

Epidémie de Covid-19 : l’expérience du « biopouvoir » ?

Epidémie de Covid-19 : l’expérience du « biopouvoir » ? 21 avril 2020
L'expérience du biopouvoir ?

Dans une tribune pour le journal Le Monde, Annie Cot, professeur à l’université Paris-1-Panthéon-Sorbonne, interprète ce temps de pandémie comme un « moment ″foucaldien″, lorsque l’Etat entend prendre le ″biopouvoir″, c’est-à-dire le contrôle de la vie et des corps des hommes ».

Michel Foucault a théorisé les « concepts de biopouvoir et de biopolitique au milieu des années 1970 ». Pour le philosophe, « depuis le début du XIXe siècle », le pouvoir « se concentre désormais sur la vie biologique : la vie des individus comme entités singulières, et la vie de la population », après avoir porté sur « le contrôle des comportements des citoyens, conçus comme des sujets de droit ». « Le biopouvoir se donne la vie des individus pour objet et pour but », car « là où le souverain avait le droit de ″faire mourir ou laisser vivre″ sans intervenir sur la vie quotidienne de ses sujets », « il s’agit maintenant de ″faire vivre ou de rejeter dans la mort″ ». Un « processus d’étatisation du biologique » qui « relève du libéralisme économique » et « concerne aussi bien les corps des individus – leur naissance, leur santé, leurs accidents, leur vieillesse, leur mort – que le corps collectif de l’espèce humaine ».

Pour Annie Cot, la pandémie de Covid-19 interroge : « Comment assurer la sécurité sanitaire d’une population soumise aux risques et aux aléas du biologique ? Comment articuler le registre du corps de citoyens libres et celui du corps collectif de la population ? En l’occurrence, comment articuler la liberté de chacun avec les décisions qui s’imposent à l’espèce humaine tout entière ? ». Elle considère que « le concept de biopouvoir permet d’éclairer cette question ».

Source : genethique.org

Découvrir la suite de l’article sur le site d’origine

Commentaire du CPDH

Voici une analyse et un décryptage intéressant de la crise du coronavirus. Au delà de la situation sanitaire, ce concept de « biopouvoir », pouvoir politique qui contrôle la vie et la mort des citoyens, pourrait également s’appliquer aux questions de bioéthique. Du contrôle des naissances à celui des décès, le gouvernement français a montré plus d’une fois son implication disproportionnée dans des cas privés : extension du délai d’avortement, dépistage systématique de la trisomie 21, affaire Vincent Lambert…