Société

Covid-19, du conte de fée au cauchemar ?

Covid-19, du conte de fée au cauchemar ? 29 mai 2020
Du conte de fée au cauchemar

Plongés dans une pandémie qui a sidéré le monde et alors que la France amorce sa « stratégie » de déconfinement, Dominique Folscheid, philosophe et auteur de Made in labo[1]propose de revenir sur les ambiguïtés d’une situation inédite pour essayer d’envisager l’avenir.

Généthique : Quelles réflexions vous inspire cette irruption soudaine du virus dans notre monde ?

Dominique Folscheid : Pour décrire ce qui se passe, on pourrait prendre l’image du match de boxe : sitôt sorti de Chine, le coronavirus a mis le monde entier K.-O debout avant de l’envoyer au tapis. Du match, on passe alors au conte de Perrault, La Belle au bois dormant

Vous connaissez l’histoire : une méchante fée avait jeté un sort à la princesse encore au berceau, lui assurant qu’à l’âge de quinze ans, elle se piquerait le doigt sur un fuseau et en mourrait. Heureusement, une bonne fée était intervenue pour modifier la sentence de mort : la princesse avait été plongée dans un sommeil de cent ans, comme tous ses serviteurs, contaminés par elle, tous cloîtrés dans son château.

Cette histoire peut nous servir de parabole. Le virus c’est la mauvaise fée, qui promet la mort à ceux qui s’adonnent au travail du fuseau, symbole de la domination technoscientifique de la nature. La bonne fée représente toutes les mesures prises pour « sauver des vies », qui ont figé sur place le cours normal de la vie du monde, confiné les gens en leur château, si étriqué soit-il, et plongé dans un coma artificiel les malades placés en réanimation.

Reste à expliquer pourquoi les choses se sont ainsi passées.

G : En effet, n’est-ce pas étonnant que ce soit un virus qui remette en question nos façons de vivre ?

DF : Étonnant, oui, si l’on concentre son attention sur le seul virus ; pas étonnant si l’on considère ce que ce virus représente pour nous, dans notre monde tel qu’il est.

Qu’est-ce qu’un virus ? Il n’est pas un organisme vivant car il n’est constitué que d’un brin d’ADN ou d’ARN. Il a donc besoin d’un hôte, ce qui en fait un parasite, capable de détruire nos cellules quand il a envahi notre organisme. Les virus, nous nous y sommes habitués : le Covid-19 est un coronavirus comme le sont le rhume ou la grippe. Sauf qu’il n’a rien d’une « grippette », mais n’est pas comparable non plus à ces pestes d’autrefois, qui tuaient un tiers de la population concernée.

Alors pourquoi ce virus a-t-il provoqué pareils effets sur la vie du monde ? Parce qu’il incarne la nature dans sa sauvagerie, la nature agressant notre monde en menaçant de mort les humains qui y vivent. Une sauvagerie qui n’a rien à voir avec ces autres phénomènes naturels que sont les tremblements de terre, les tsunamis ou les éruptions volcaniques, pourtant terriblement destructeurs. Parce que ce sont des maux qui nous arrivent du dehors, de l’extérieur, tandis que le Covid-19, lui, nous envahit par l’intérieur, sournoisement, pour mener à bien ses petites affaires, à notre détriment.

Source : genethique.org

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