Société

Bioéthique : lettre ouverte de Mgr Pierre d’Ornellas à Édouard Philippe

Bioéthique : lettre ouverte de Mgr Pierre d’Ornellas à Édouard Philippe 27 janvier 2020
Bioéthique : lettre ouverte de Mgr Pierre d’Ornellas à Édouard Philippe

Tribune. Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de bioéthique de la Conférence des évêques de France (CEF), interpelle le premier ministre sur la loi de bioéthique actuellement examinée au Sénat.

Monsieur le premier ministre,

Votre responsabilité gouvernementale est grande. Le débat démocratique est vital pour vous aider à l’assumer. Il est un « dialogue » grâce auquel nous cherchons ensemble le bien de tous. Or, vos propos sur la bioéthique dans votre interview du 24 janvier à La Croix laissent dubitatif.

Suffit-il à un premier ministre de constater que « le débat a été de grande qualité » et que « l’attitude des Français qui s’opposent » est « pacifique » ? Une personnalité de l’État a affirmé que « la loi de bioéthique porte une rupture anthropologique majeure ». Douze hauts fonctionnaires et universitaires ont écrit que ce projet de loi « touche aux structures de notre société ». Sur des sujets aussi sensibles qui ébranlent des repères majeurs pour la vie des êtres humains en société, le discours de la méthode n’est pas suffisant. D’autres personnalités – et non des moindres, croyantes et incroyantes – ont exprimé leur opposition à bien des points de ce projet de loi. Suffit-il de les cataloguer dans le registre des opposants – par bonheur pacifiques – pour conclure le débat ?

Les arguments de la raison éthique, et pas seulement ceux d’études sociologiques parfois contestables, ne sont-ils pas à considérer en priorité pour que la loi reste indicatrice et gardienne du « bien commun » ? À cet égard, comment la loi gardera-t-elle sa mission de protéger l’être humain, en particulier le plus faible, et favorisera-t-elle la société inclusive que vous appelez de vos vœux, si le projet de loi ne barre pas nettement la route à ce qui vous inquiète légitimement : l’eugénisme libéral, fruit d’un individualisme et d’une peur exacerbés par le pouvoir exercé sans discernement du dépistage génétique.

Source : la-croix.com

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