Points de vue

Trois attitudes fréquentes

Trois attitudes fréquentes 3 mars 2014

Beaucoup ne se sont jamais posé la question du rapport qui peut ou doit exister entre l’espace public et la foi : ils sont inconscients des enjeux. Du coup, soit ils obéissent aveuglément, soit ils contestent systématiquement, en fonction du caractère, de l’éducation ou de l’entourage.

L’inconscience qui ignore
Tout ce qui a un rapport avec l’État ne constitue pour eux que des formalités, des choses qu’il faut faire parce qu’on est obligé (cf. le Service national ou s’arrêter au feu rouge). 
Ceux-là ne se posent pas la question de savoir d’où vient l’autorité que revendique l’État, ni jusqu’où il faut obéir. C’est pour eux une sorte de fatalisme («on ne peut pas faire autrement») ou de paresse… Aujourd’hui, cette attitude nourrit le penchant au dénigrement («Tous pourris»), voire à la fraude. 

Pour beaucoup de personnes, le domaine public est sans rapport avec la foi, avec la pensée de Dieu et donc avec la responsabilité
chrétienne.

Le pessimisme qui sépare
C’est une autre forme de paresse qui se nourrit moins d’indifférence que de mépris pour la chose publique. Plusieurs passent d’une (trop) forte attente à un désenchantement, incrédules sur la question de la vocation : les hommes politiques sont là à cause du pouvoir, de ce que cela leur rapporte.

Pour les croyants qui se situent dans cette catégorie, travailler, payer ses impôts est une obligation, mais la seule chose qui importe vraiment, c’est le culte, la piété, l’évangélisation. Le monde est regardé comme vide de Dieu.

L’optimiste qui confond
Celui-là assimile presque complètement ce qu’il pense être le devoir chrétien et le devoir civique ou politique. Celui-là récuse le partage de l’existence entre le religieux et le profane et entend appliquer les préceptes idéaux de l’Évangile à l’ensemble des hommes, sans distinction. Pour lui, l’expression «sans distinction» est le résumé de l’Évangile, avec le slogan positif : Tous les hommes sont frères, faisant de l’Évangile une utopie, ce qu’il n’est pas.

La vocation de l’Église
La vocation de l’Église, c’est la manifestation du Royaume de Dieu qui ne peut être confondue avec le travail en vue d’une société juste – ce qui ne signifie pas que ces domaines soient sans rapport l’un avec l’autre.

 

Charles Nicolas,
aumônier hospitalier