Points de vue

Déclaration du CPDH le 19 janvier à Paris lors de la manifestation contre le projet de loi bioéthique

Déclaration du CPDH le 19 janvier à Paris lors de la manifestation contre le projet de loi bioéthique 19 janvier 2020

Toute génération demande des comptes à la précédente ou à ses dirigeants dès lors qu’elle se trouve confrontée à des problématiques graves menaçant son quotidien ou sa survie. C’est ainsi que de partout dans le monde des jeunes interrogent, aujourd’hui comme hier, le comportement de leurs aînés et que la société de consommation qui génère tant et tant de gaspillage a, de nos jours, moins bonne presse qu’autrefois. On demandera des comptes à notre génération comme à toutes les autres avant nous.

C’est pourquoi, nous souhaitons que la société française progresse non seulement en matière de protection de l’environnement mais également en matière de droits de l’enfant, d’accompagnement des personnes en souffrance et de protection des générations futures face aux dérives consuméristes et individualistes. Comme l’a écrit la commission « éthique et société de la fédération protestante de France » : « Il serait dangereux d’encourager la fabrication d’enfants à la demande et les situations qui privent volontairement un enfant de son père et pourraient l’exposer à des risques psychologiques et à des discriminations sociales. Il en va de notre responsabilité à l’égard des générations futures »[1].

« Nous estimons que la valeur et la dignité de tout être humain invitent au respect de tous et que ce principe fondamental doit primer sur la demande des individus à réaliser leur volonté propre et sur la tendance de la société à tout mesurer à l’aune de la rentabilité »[2] ou de l’enrichissement. Dans ce sens, l’aspiration des protestants évangéliques rejoint celle de leurs concitoyens qui souhaitent que l’égalité et la fraternité restent le ciment de notre société, une société attentive aux plus faibles, au droit des enfants à connaître leurs parents et à être élevés par eux, et enfin une société tournée vers le respect de la vie.

Les dispositions du projet de loi relatif à la bioéthique, en détournant notamment l’assistance médicale à la procréation, de sa finalité thérapeutique et en ouvrant de nouvelles perspectives de sélection humaine, rappellent l’inquiétante déclaration du valet de Faust imaginée par l’écrivain Goethe en 1832. Alors que celui-ci veut créer un homme parfait il dit ceci : « l’ancien mode de procréer nous le déclarons vaine plaisanterie (…) à l’avenir nous nous rirons du hasard ». Ce mythe du surhomme, de l’homme parfait n’a jamais conduit qu’au désastre ! Nous sommes ici pour dire aux sénateurs et au gouvernement de bien vouloir nous en garder !


[1] http://www.protestants.org/index.php?id=36816 site consulté le 16 mars 2019 à 8h.

[2] Extrait du communiqué du Conseil National des évangéliques de France (CNEF), du 23 mai 2018.