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mardi, 13 novembre 2018 00:00

Au Forum pour la paix, «la mondialisation se tire une balle dans le pied»

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Clap de fin sur le premier Forum de la paix à Paris, qui s’est tenu du 11 au 13 novembre. Un parterre de chefs d’Etat dimanche, puis des milliers de participants (institutions internationales, fondations, ONG) ont posé quelques jalons autour de la gouvernance mondiale, de la coopération et de projets multilatéraux.

On y a beaucoup glosé sur un «monde fragmenté» par une «globapolarisation» (une globalisation de la polarisation), le couple unilatéralisme/nationalisme, sur fond de montée dévastatrice des inégalités ou de bataille contre le changement climatique. Petit tour d’horizon.

1/ Où l’évasion fiscale s’invite dans la danse

C’est un intitulé presque altermondialiste : «Inégalités : la blessure que la mondialisation s’inflige à elle-même.» Le débat ronronne doucement. L’on discourt inégalités, dialogue social, inclusion, rôle des syndicats, des firmes et des Etats. Guy Ryder, le patron de l’Organisation internationale du travail (OIT), peut rappeler que l’idée de dialogue social est née sur les cendres de la Première Guerre mondiale. Ou Lise Kingo, de l’ONU, déplorer que seules 1 800 firmes jouent la carte de l’inclusion sociale au sein du Pacte mondial. Quand d’un coup, Jeffrey Sachs, prof à la Colombia University, dynamite la discussion. «Le dialogue social est le produit d’une approche social-démocrate, et n’a fonctionné que dans les pays scandinaves, voire en Allemagne.» Une exception qui confirme la règle.

Et ce théoricien iconoclaste du développement de se lancer dans un réquisitoire contre le «modèle anglo-saxon actuel dominant», sa «maximalisation permanente du profit», son «assaut systématique contre les syndicats» et sa culture «de l’évitement fiscal». «Les inégalités sont régionales, nationales et mondiales, rappelle Sachs. Les pays riches transfèrent 1,3 % de leur richesse à la redistribution. Les pays européens à peine 1 % au budget européen. Les riches n’aiment pas partager. La culture actuelle n’est pas de payer 50 % de taxes mais plutôt de produire des Jeff Bezos [patron d’Amazon et première fortune mondiale, ndlr]. L’évasion fiscale est désormais une architecture parallèle, voulue et alimentée par Londres et Washington.»

Monsieur OIT tente bien de prendre la main sur la nécessaire formalisation du travail informel (60 % de personnes dans le monde) ; madame ONU de déplorer que 70 % des femmes sont moins bien payées que les hommes. Sachs embraye. «Le dialogue social n’est plus qu’un alibi pour marquer l’inexistence de progrès social. La réalité, c’est que des politiques corrompus ou complices ont abdiqué et laissé les grandes multinationales échapper à la solidarité nécessaire.» Du coup, Angel Gurria, le patron de l’OCDE, qu’il présentait il y a peu comme le «piston de la mondialisation», tente un mea culpa. «La mondialisation se tire une balle dans le pied en ne corrigeant pas les inégalités. Les régimes autoritaires, les populismes, gagnent tant de terrain : aux Etats-Unis, au Brésil, et en Europe. Les inégalités minent les démocraties.»

  Source: liberation.fr

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