Ce site est susceptible d'enregistrer des cookies

 ScoopitTopTwitterTopFacebookTop

samedi, 23 avril 2016 00:00

Le rôle du médecin n'est pas de donner la mort, mais d'accompagner au mieux la fin de vie

Écrit par 

Aujourd'hui, la mort ne présente plus ce caractère inéluctable qui, par nature, est le sien. Des médecins, assistés par un personnel soignant dévoué, luttent pour en repousser les limites, voire la vaincre. Un médecin, un chirurgien et une philosophe relatent ici leur expérience au chevet des malades et ont à coeur de méditer le rôle de la main comme prolongement du cerveau dans la relation à l'autre?. Extraits de "La vie au bout des doigts" d'Henri Joyeux, Laurence Vanin et Jacques Di Constanzo, aux éditions Desclée de Brouwer 1/2

La mort, un problème pour le médecin ?

Pr Henri Joyeux : Nous percevons toujours la mort comme un non-sens quand elle survient trop tôt. 

Je ne suis pas d’accord pour cette réduction à deux choix, acharnement thérapeutique ou euthanasie. Il peut nous arriver de nous acharner contre l’avis de la famille ou même d’un membre de l’équipe médicale trop jeune, car notre expérience et de nombreux paramètres nous donnent le droit, et je dirais même le devoir, de poursuivre les soins. L’espérance est motivée. On a des éléments qui, synthétisés dans un coin de notre tête, nous donnent des arguments pour poursuivre la lutte, les soins. On peut gagner la situation et même obtenir la

Un cas précis qui a longuement occupé mon esprit vient à ma mémoire. J’ai opéré un homme obèse d’un cancer de l'oesophage à un stade qui permettait d’espérer le guérir. Il a bien perdu quelques kilos, mais est resté vraiment obèse. Il est donc immunologiquement affaibli et, même s’il a un peu maigri, on ne peut attendre plus longtemps sans risquer de voir évoluer la maladie vers un stade plus avancé où nous ne pourrons plus le guérir.

Huit heures d’intervention viennent à bout de cette tumeur. Je remplace l’oesophage – en partie enlevé avec la tumeur – par l’estomac tubulisé, ce qui impose deux temps, un premier abdominal et un deuxième thoracique. Le patient se réveille parfaitement. Le lendemain, nous lui expliquons ainsi qu’à sa famille que tout s’est passé au mieux et que, s’il supporte la période délicate des suites opératoires, il pourra guérir.

Vu et revu en salle de surveillance continue, tout se passe bien jusqu’au cinquième jour après l’opération où apparaissent des troubles respiratoires et une forte fièvre. Agité, le patient arrache un des drains chargés d’assainir une éventuelle fistule digestive. Le scanner pratiqué en urgence démontre une infection probable autour de la suture digestive. Un nouveau drain est mis en place en passant par l’orifice de celui parti dans l’agitation. Je décide de muter le patient nettement affaibli et aggravé en service de réanimation intensive. Il est mis sous respiration artificielle.

Le service d’accueil fait la grimace en l’accueillant et j’explique à mes collègues réanimateurs son état et l’acte chirurgical qui peut l’avoir guéri. Je promets que je passerai matin et soir le voir et dis à l’équipe qu’ils peuvent m’appeler sur mon portable jour et nuit.

  Source: atlantico.fr

Découvrir la suite de l'article sur le site d'origine

CPDH-Médias

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

paypal

Information

Les informations, publications et vidéos affichées sur le site du CPDH n'engagent que leurs auteurs. Dans un souci d'informations plurielles, le CPDH les présente mais décline toute responsabilité quant à leur contenu et affirme son indépendance par rapport aux sources dont elles proviennent.