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mardi, 05 juin 2018 00:00

États généraux de la bioéthique : des Français attachés aux valeurs, divisés dans la pratique

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Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a rendu public ce 5 juin son rapport de synthèse sur la consultation publique des États généraux de la bioéthique, après l'avoir remis aux ministères de la Santé, de l'Enseignement supérieur, et de la Justice, ainsi qu'à l'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPESCT). Il est assorti des trois avis du comité citoyen, un panel indépendant de 22 citoyens représentatifs de la société française, formés au cours de 4 week-ends.

Que ressort-il de ces 4 mois de consultation citoyenne?? « Il existe un socle de grandes valeurs éthiques partagées, qui définissent une éthique à la Française », souligne le Pr Jean-François Delfraissy, président du CCNE, citant la non-marchandisation du corps, la gratuité du don, l'affirmation de l'autonomie, le souci de l'autre et la place des plus vulnérables.

L'expression d'un grand besoin d'information des citoyens a éclaté au grand jour, ainsi que leurs préoccupations concernant leur place dans le système de santé et la médecine du futur.

Commence également à émerger une certaine méfiance des Français à l'égard des scientifiques et des médecins, s'est désolé le Pr Delfraissy.

Cette consultation fut-elle un succès?? Le CCNE se félicite de la mobilisation des citoyens (271 débats en région, 154 auditions d'associations, sociétés savantes et courants de pensée, 65?000 contributions sur le site internet). « Ce n'est pas une vision de l'opinion française que nous transmettons?; c'est une vision des gens qui ont participé à ces États généraux », a clarifié le Pr Delfraissy. Et de reconnaître des limites : la difficulté de toucher « la France profonde et la banlieue », et « la présence d'un certain nombre de militants qui ont pu monopoliser la parole sur certains sujets » comme la procréation. Le comité citoyen se montre plus critique : « Si la mobilisation des citoyens a été réelle, elle nous a semblé insuffisante au regard des enjeux », écrit-il dans un avis, déplorant un manque de médiatisation lié à la faiblesse du budget alloué à la communication et une répartition inégale des débats sur le territoire.

Vers des évolutions sur la génomique et la recherche sur l'embryon

Des modifications sont à attendre sur les sujets relatifs à la recherche sur l'embryon et sur la génomique, qui occupent une grande place dans les lois de bioéthique depuis respectivement 2004 et 1994, et qui ont connu des bouleversements technologiques ces dernières années. Pour ces deux sujets, l'équilibre est délicat entre les bénéfices de la recherche, et les risques de dérives éthiques?; un encadrement apparaît comme une nécessité (sauf pour certains opposants a priori aux recherches sur l'embryon, qu'ils considèrent comme un être humain dès la fécondation).

Le CCNE relaie les demandes d'éclaircissements des termes de la loi ou l'adaptation de celle-ci au contexte scientifique des chercheurs auditionnés sur la recherche sur l'embryon. Ils demandent notamment de lever les incertitudes qui existent sur certaines approches expérimentales comme la création d'embryons chimériques (contenant des cellules humaines et animales), la possibilité de modification du génome, et la durée de culture des embryons in vitro?; et de distinguer les régimes juridiques des recherches sur l'embryon d'une part, et de l'autre, celles qui portent sur les cellules souches embryonnaires (CSEh) (dont le régime devrait être assoupli).

  Source: lequotidiendumedecin.fr

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