Ce site est susceptible d'enregistrer des cookies

 ScoopitTopTwitterTopFacebookTop

dimanche, 04 mars 2018 00:00

Etats généraux de la bioéthique : ces réflexions qui pourraient permettre de sortir des violents débats sur la PMA

Écrit par 

Atlantico : Comment sortir de la polarisation excessive des débats autour de la PMA tels qu'ils apparaissent dans les "débats citoyens" organisés partout en France en ce moment ?

François Martin : Ces débats ne sont pas seulement polarisés, ce qui est le propre de tout débat, ils sont insolubles par nature car ils opposent, non des solutions différentes à un problème identifié et partagé entre les deux camps, mais deux conceptions du problème lui-même. Deux clivages essentiels se recoupent assez largement. Entre les conservateurs et les progressistes: les premiers se satisfont de l’existant, les seconds prétendent  incarner l’histoire en marche. Mais il y a plus irréconciliable encore. 

Le débat oppose au fond deux conceptions radicalement opposées. La première pense que l’action humaine, la loi, doit respecter certaines limites, qu’elles soient religieuses, morales ou philosophiques; disons la notion de droit naturel, entendu comme une norme universelle et intemporelle qui s’impose comme une évidence à toute loi humaine. De ce point de vue, la procréation ne peut résulter que de l’union d’un homme et d’une femme, éventuellement aidée par la médecine en cas d’infertilité pathologique. 

La seconde conception n’admet aucune autre limite à l’action humaine que celle qui résulte de la volonté générale. Aucune loi naturelle ne doit s’imposer à la liberté humaine. Si deux femmes ou deux hommes veulent « procréer », il est naturel qu’ils puissent le faire. 

Cette opposition irréconciliable s’est souvent traduite dans l’histoire politique occidentale récente par la victoire du camp progressiste et partisan de la liberté totale. Avec des dérives bien connues: pas de liberté pour les ennemis de la liberté, quitte à faire le bien du peuple malgré lui. 

Car le camp qui estime incarner le progrès ne supporte guère la contradiction, et parfois, de bonne foi, ne la comprend même pas. Comment peut-on être contre le progrès, la liberté, l’égalité? 

Bref, et pardon pour ce long développement: ces débats ne peuvent pas être sereins et constructifs, ils ne peuvent pas déboucher sur un accord. 

Le précédent président de la République le savait bien, quand il a pris la responsabilité du projet de loi sur le mariage dit pour tous, dont on voit aujourd’hui la suite logique. 

  Source: atlantico.fr

Découvrir la suite de l'article sur le site d'origine

CPDH-Médias

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

paypal

Information

Les informations, publications et vidéos affichées sur le site du CPDH n'engagent que leurs auteurs. Dans un souci d'informations plurielles, le CPDH les présente mais décline toute responsabilité quant à leur contenu et affirme son indépendance par rapport aux sources dont elles proviennent.