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mercredi, 09 mai 2018 00:00

Esclavage moderne en France : "L'indifférence des gens est absolument terrible"

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En 1848, la France abolit l’esclavage. 170 ans plus tard, l’esclavage existe toujours. Les esclaves modernes sont invisibles aux yeux de la société. Et les moyens de lutte sont encore limités. Entretien avec la présidente du comité contre l’esclavage moderne, Sylvie O'Dy.

Pour cette 13e journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, des commémorations sont organisées un peu partout en France. Un devoir de mémoire pour ne pas oublier cette page sombre de l’Histoire. En France, la traite négrière est abolie en 1831, l’esclavage le sera en 1848. 

Pourtant, l’esclavage existe toujours aujourd’hui dans notre pays. Des enfants, des femmes, des hommes, dont les droits en tant que personne, sont bafoués. L’esclavage moderne revêt différentes formes : l'esclavage domestique, les ateliers clandestins, la mendicité forcée, et la prostitution forcée. L’arsenal juridique pour lutter contre ces exploitations n’est pas encore totalement efficient. Entretien avec Sylvie O’Dy, ancienne journaliste et présidente du comité contre l’esclavage moderne.

Vous faites partie des membres fondateurs du comité, créé en 1994. A l’époque, personne n’avait connaissance de l’esclavage moderne en France. Pourquoi avez-vous créé ce comité ?

Une journaliste, qui travaillait avec nous, a constaté des cas d’esclavage en Mauritanie. Là-bas, elle a recueilli des témoignages qui attestaient qu’il y avait des cas similaires à Londres. A l’époque, cela paraissait étonnant. Elle est donc allée faire un reportage dans la capitale britannique, et effectivement, elle a trouvé un cas d’esclavage domestique. En discutant, nous nous sommes dits que s’il existait des esclaves à Londres, il devait aussi y en avoir à Paris. 

A ce moment-là, il a fallu trouver où étaient ces personnes. Nous sommes allés voir le prêtre de l’église Philippine, dans le 16e arrondissement de Paris. Lors de sa messe, il a indiqué aux fidèles que nous, journalistes, étions présents, et que nous aimerions savoir s’ils connaissaient des personnes dans une situation d’esclavagisme. A la fin de l’office, deux personnes sont venues nous voir. 

A l’époque, nous pensions que c’était un phénomène mineur chez des gens très riches, et que nous allions aider deux ou trois personnes chaque année. La réalité s’est révélée complètement différente. Cela a pris du temps, et nous nous sommes rendus compte que ce phénomène d’esclavage contemporain, notamment l’esclavage domestique, traversait tous les milieux socio-professionnels. C’est beaucoup plus répandu que ce que l’on croit.

  Source: franceculture.fr

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