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dimanche, 14 janvier 2018 00:00

Le "bien commun", principe central de l'action politique du chrétien

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Le christianisme a repris de l’héritage grec ce qui en est sans doute la plus universelle et intemporelle perle : la notion de bien commun en politique. Preuve, s’il en fallait, de son extraordinaire capacité d’assimilation de ce que certaines cultures ont produit de plus vrai. Cette notion cependant, après avoir été considérée comme une évidence par le christianisme médiéval, a été contestée par la modernité et mérite d’être pensée à frais nouveaux. De fait, l’homme moderne n’est pas le citoyen de la cité grecque.

L’apport du christianisme a tout à la fois mis en lumière la valeur individuelle de la personne humaine et pensé une universalité qui l’une et l’autre ont dépassé la conception holistique de la cité grecque.

Repenser le bien commun comme communion

Il n’est pas inutile ici de convoquer Gaston Fessard dont l’analyse sur le bien commun ne se contente pas de reprendre tout ce qui avait pu être écrit auparavant. Gaston Fessard (1897-1978), jésuite, lecteur magistral de Hegel et Kierkegaard, adversaire résolu des totalitarismes nazi et communiste, critique subtil du libéralisme, rédigea entre 1941 et 1942, en pleine occupation allemande, un ouvrage majeur qui fut publié à la Libération, Autorité et bien commun.

Avec finesse, il renvoie à sa propre aporie l’adage selon lequel « l’intérêt général prime l’intérêt parti-culier ». Si aujourd’hui il est tombé en désuétude, il était, en ces temps troublés, plus en vogue. Fessard montre qu’en s’appliquant à une communauté précise parmi d’autres du même ordre (une famille parmi les familles, une nation parmi les nations), cet intérêt général demeure particulier. L’autorité aurait beau soumettre les égoïsmes individuels, elle serait « radicalement incapable de satisfaire au désir de l’être universel qui est en l’homme plus profond encore que cet égoïsme ». Fessard poursuit en évoquant très clairement, par cette aspiration universelle, cette part spirituelle dont nous parlions :

Pour que puisse être comblé ce désir vivant au plus intime de chaque individu et le constituant personne, il faut que la communauté dont il est membre ne soit pas close sur elle-même et que le Bien commun qu’elle vise assure son ouverture sur l’infini vers lequel se tend la personne .

  Source: atlantico.fr

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