ScoopitTopTwitterTopFacebookTop

Points de vue

Points de vue

Valérie Duponchelle, Vice Présidente du CPDH,  s’est rendue à Calais auprès des migrants, à la fin de l’année 2014.

Il y a 25 ans, le monde a fait une promesse aux enfants : faire tout ce qui est possible pour affirmer, protéger et promouvoir leurs droits – droit de survivre et grandir, apprendre et s’épanouir, faire entendre leurs voix et bénéficier d’une protection particulière.

La société contemporaine, sécularisée et laïque oblige le chrétien à se positionner clairement et à répondre personnellement à cette question importante. Mais pour y répondre, encore faut il se mettre d’accord sur ce qu’on entend par « intègre », « intégré » et « intégriste » :

« Saraï dit à Abram (…) : aie des relations avec ma servante, peut-être aurai-je par elle des enfants ». La Bible - Genèse 16 v. 2

Cet été, vous aurez peut-être aperçu au détour des boulevards médiatiques que nous sommes parfois contraints d’emprunter, le drame de Gammy - ce petit garçon né d'une mère porteuse thaïlandaise puis abandonné par ses commanditaires australiens parce que trisomique. Et voilà relancé (a-t-il d’ailleurs cessé ?) le débat autour de la« gestation pour autrui  » (GPA) qu’il serait plus exact de nommer « gestation par autrui », mais... ça fait moins «généreux» ! Le principe est ancien et le texte de la Genèse inscrit ci-dessus nous le rappelle. Sauf que dans le cas d’Abram, la mère (la servante Agar) restera la mère et ne sera pas contrainte d’abandonner le fruit de ses entrailles. Il n’empêche que Saraï voulutavoir, par sa servante, un enfant. Le résultat est bien connu. La Bible n’en cache rien : un drame familial et la rivalité de deux demi-frères dont les descendances ne peuvent toujours pas s’entendre aujourd’hui. Le monde a-t-il tant oublié la leçon au point quedes gouvernements, dont celui de la France, sont aujourd’hui tentés d’adapter code civil et droit familial pour « mieux encadrer » la GPA.

Interdite (jusqu’à quand ?) en Allemagne, en Autriche, en France, en Italie, en Suisse et en Espagne, elle est tolérée en Belgique, au Danemark et au Pays-Bas et réglementée en Grande-Bretagne et en Grèce. En outre dans certains états des Etats-Unis mais aussi dans des pays comme l’Ukraine ou l’Inde, où des cliniques spécialisées fonctionnent au profit des étrangers, le développement d’un « baby business » permet à des couples d’obtenir une fécondation in vitro suivie d’une GPA. Lorsque ces couples reviennent dans leur pays d’origine avec des enfants ainsi conçus, de délicats problèmes se posent pour établir la filiation de ceux-ci. La France doit-elle s’adapter à ces nouvelles pratiques par lesquelles l’enfant « objet de désir » devient « objet marchand » et la femme qui le porte « bien de consommation » ?

A Paris, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a rendu en avril 2010 un avis fort intéressant estimant que « la diversité des législations ne saurait justifier un alignement sur le plus permissif en matière d’éthique. De même, le fait que des pratiques existent ne doit pas conduire nécessairement la France à les organiser à son tour sur le plan législatif. Aucun état ne doit être obligé de légiférer en faveur d’un fait accompli. » Le CCNE avait d’ailleurs, il y a 4 ans, plaidé pour le maintien de la législation actuelle interdisant la GPA, voici pourquoi :

  • « La maternité délibérément transférée à une autre femme que celle qui accouche ferait fi des liens qui s’élaborent entre la femme enceinte et le fœtus pendant la durée de la grossesse. (…) cette négation de l’influence de la grossesse et des relations entre la mère et l’enfant sur le devenir de celui-ci font redouter des conséquences dommageables pour ce dernier et pour les parents d’intention».
  • « En filigrane, s’impose l’idée que la prééminence reconnue de l’intérêt du couple peut l’emporter sur le souci d’assurer à l’enfant une histoire et une lignée qui l’aideront à se construire. »
  • Pour la mère porteuse « l’accouchement sera simplement une fin et non un commencement. »
  • « Les risques médicaux, y compris vitaux, encourus par la femme enceinte et l’enfant lors de GPA sont réels et ont été rappelés par l’Académie de médecine, (…) comment s’établirait la responsabilité respective des différentes parties en présence en cas de problème ? »
  • « La dépendance réciproque instaurée par le principe même de la GPA pose problème. Elle est liée au fait que dans tous les pays qui ont légalisé la GPA, il a été constaté que les parents sont issus d’un milieu social plus élevé que la gestatrice et (…) des tensions, notamment en cas d’échecs répétés de la grossesse peuvent induire des tentations de pression ou de chantage ».
  • « L’expérience de la Grande-Bretagne montre que l’existence d’un système légal et sécurisé de la GPA n’a pas mis fin à des formes clandestines ».

Alors que la mère porteuse du petit Gammy est démunie de tout - elle en est à porter des bébés pour élever ses enfants! -, elle prend néanmoins sur elle de garder et d'élever ce petit garçon : c'est au-dessus de ses forces de le supprimer ou de le laisser à son triste sort, alors que ses commanditaires - confondant fabrication de produit de consommation et conception d'enfant - ne veulent plus de lui parce que «non conforme», «différent». Ainsi celle dont la dignité était bafouée par de riches clients, s’est montrée riche d’une dignité bien supérieure à ceux qui ont loué son ventre, son corps, sa vie.

Le 5 octobre prochain, à Paris et à Bordeaux, une quarantaine d’associations, regroupées sous le label commun de la « manif pour tous », ont décidé de dire non à une nouvelle forme d’exploitation que d’aucuns – pour se donner bonne conscience -  revendiquent déjà sous le nom de « GPA éthique »[1]. Soyons à ce rendez-vous ! Le CPDH y sera car le respect de la dignité humaine « repose sur l’égale valeur de l’ensemble des êtres humains. La dignité, qualité intrinsèque de l’humanité, interdit de considérer l’homme seulement comme un moyen et de lui conférer un prix »[2].

Franck MEYER

Président du CPDH



[1] Tribune de Geneviève DELAISI DE PARSEVAL, parue le 7 août 2014, dans le journal Libération.

[2] Avis n° 110 du Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la vie et de la santé, « Problèmes éthiques soulevés par la gestation pour autrui ». Le 1er avril 2010.

Une décision contraire aux exigences éthiques et démocratiques

Ce 28 mai, au dernier jour de son mandat, l’ancienne « Commission Barroso » a opposé son veto à l'Initiative citoyenne « UN DE NOUS / ONE OF US», la plus grande pétition de l’histoire des institutions européennes. Cette Initiative, portée par deux millions de citoyens, demande l’arrêt du financement public européen des pratiques impliquant la destruction volontaire de vies humaines avant la naissance.

L'initiative citoyenne européenne (ICE) est un mécanisme de démocratie participative créé par le Traité de Lisbonne par lequel un million de citoyens peut introduire un projet législatif dans les rouages bruxellois.

Le Comité de UN DE NOUS exprime sa profonde déception face à une Commission sourde qui prend ce jour une décision contraire aux exigences éthiques et démocratiques. Alors que chaque projet d‘Initiative est contrôlé en amont par la Commission avant d'être ouvert à la signature, la Commission Barroso prétend en outre exercer un droit de veto en aval, à l'encontre des initiatives ayant pourtant obtenu avec succès le soutien populaire requis. Un tel pouvoir de veto est illégitime et anti-démocratique, car c’est au législateur européen qu’il appartient de se prononcer politiquement sur le fond de l’Initiative, et non pas à la Commission.

  • UN VETO injustifié qui ne tient pas compte de l’objet même de la demande : La réponse de la Commission est hypocrite et dédaigneuse car elle fait semblant de ne pas comprendre l’objet de la demande et consiste en trente pages d’autosatisfaction sur sa propre politique. La Commission souhaite continuer à financer des pratiques biotechnologiques non éthiques et qui se sont révélées sans avenir et, à financer l’avortement dans les pays en développement y compris dans des pays où il est pénalement interdit.
  • UN VETO injustifiable qui bafoue le processus démocratique : La Commission, plutôt que de constater le succès de l’initiative et de la transmettre au Parlement et au Conseil européens a abusé de son pouvoir de contrôle formel pour porter un jugement sur l’opportunité politique de « Un de Nous » et pour bloquer la procédure. La Commission essaie ainsi de défendre son privilège de pouvoir d’initiative, car elle était jusqu’à la création du mécanisme d’ICE la seule à pouvoir initier des procédures législatives. La Commission européenne a fait ainsi du mécanisme d’ICE un simulacre alors que les députés voulaient au contraire en faire un véritable instrument de démocratie participative. La Commission donne ainsi un nouveau témoignage de son absence de culture démocratique.

Pour le Comité de Citoyens  de UN DE NOUS, la procédure n’est pas close : d’une part, la décision de la Commission est susceptible d’un recours auprès de la Cour de Justice de Luxembourg – qui a reconnu quant à elle le respect dû à la vie humaine dès la conception -, et d’autre part, le nouveau Parlement va auditionner la prochaine Commission, permettant de replacer le respect de l’Initiative citoyenne au cœur des débats., en demandant aux institution européennes plus d’éthique et plus de démocratie.

Lire le communiqué sous format PDF 

 
 
 

 

 

La mission essentielle des chrétiens évangéliques est l’annonce de la Bonne Nouvelle et la prière pour que, par des conversions, des cœurs puissent être changés, en vue d’une vie vécue dans la fidélité aux enseignements de la Parole de Dieu.

Leur mission implique également la contribution à la ’’ recherche du bien-être de la ville…’’, comme le dit Jérémie (29,7) :

‘’Recherchez le bien-être de la ville où je vous ai exilés et intercédez auprès de l’Eternel en sa faveur, parce que votre propre bien-être est lié au sien.’’

À la suite de tel ou tel drame, on aime à scander « Plus jamais cela ! » C’est encore un vœu pieux parce que de l’Histoire, nous ne retenons pas grand-chose. Tout juste pouvons-nous remarquer que ce qui s’est fait hier se refera, que les mêmes situations provoquent les mêmes réactions et les mêmes erreurs. Rien de nouveau sous le soleil. Rien ne nouveau dans le royaume des ténèbres non plus !

Page 4 sur 6

paypal