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mercredi, 13 décembre 2017 00:00

De la modestie en éthique

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De la modestie en éthique : faire le choix d'une juste attitude, c'est difficile !

Jésus a laissé cette parole à ses disciples : « que votre lumière brille devant les hommes ! » Cette lumière qui doit signaler la bienveillance de Dieu aux hommes, brille notamment des milles scintillements que sont nos comportements, nos décisions, nos réactions : l’éthique que nous avons !

Cependant une question surgit : est-ce que notre éthique chrétienne a un contenu bien clair et tranché, bien délimité et immuable ou bien plutôt un contenu plus ouvert qui fait appel au discernement pour s’adapter à des situations très diverses ?

Je voudrais juste prendre l’exemple du mensonge et de la tricherie qu’avec beaucoup de force en tant que chrétiens nous condamnons et ce à l’appui de versets pertinents en la matière. Nous connaissons bien les textes (second 21)
Le diable est menteur et le père du mensonge Jn 8.44
vous débarrassant du mensonge, dites chacun la vérité à votre prochain… Eph 4.25 .
Aucun mensonge ne provient de la vérité 1 Jean 2.21
Dans leur bouche il ne s’est point trouvé de mensonge car ils sont irréprochables Apoc 14.5

Mais alors que faire des situations suivantes vécues par des personnages éminents de la Bible ? Que penser de Jacob, le rusé, qui se fait passer pour son frère Esaü en vue de lui extorquer la bénédiction de son père, de Joseph devenu le second personnage en Egypte qui cache son identité pendant des mois à ses frères et son père non sans leur causer beaucoup de souffrance morale, de Moïse qui cache le corps de l’Egyptien qu’il vient d’assassiner et s’enfuit, de David qui simule la folie en présence d’Abimélec, de David qui demande à ses partisans de se faire passer pour des serviteurs fidèles d’Absalom afin de déjouer ses plans, et aussi de Jésus lui-même qui dans Jean 7.8 dit :  « je ne monte à la fête » et au verset 10 il est indiqué : « Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non publiquement, mais comme en secret. » ?

Ces textes n’introduisent-ils pas d’autres valeurs qui peuvent parfois être en concurrence avec celle de la vérité ? Je citerais le devoir de « ne pas se détruire » que l’on retrouve dans Ecclésiaste (7.16) « Ne sois pas juste à l’excès et ne te montre pas trop sage pourquoi te détruirais tu ? », le respect de certain rythmes humains ou divins : le fameux « il y a un temps pour tout » d’Ecclésiaste 3.

Nous avons besoin d’être modestes, modérés (l’une des qualités de la sagesse divine selon Jacques 3.17) pour ne pas ériger certains textes bibliques en slogans qui ne seront jamais « vrais » qu’en partie, et deviendront « des fardeaux pesants que l’on met sur les épaules des hommes » comme dit Jésus à propos d’un certain pharisianisme de son temps.

Et puisque nous sommes dans les 500 ans de la Réforme, finissons en revendiquant pour chacun l’un des aspects de la lumière dont nous devons briller : la liberté de conscience si âprement défendue par Luther lors de sa comparution devant la diète de Worms : « ma conscience est prisonnière dans la parole de Dieu ; l’on ne peut conseiller à personne d’agir contre sa conscience. Me voici donc je ne puis faire autrement. Que Dieu me soit en aide. Amen ! »

Dans chaque situation qui appelle une décision, il convient de se faire sérieusement son propre point de vue à partir de la Bible et agir en conscience devant Dieu en restant modeste !

Jean Pierre Dupont
Pasteur et administrateur du CPDH

Dernière modification le mercredi, 13 décembre 2017 13:24