Famille

Vers une « étatisation » de l’adoption ?

Vers une « étatisation » de l’adoption ? 4 décembre 2020
Adoption

Vers une « étatisation » de l’adoption ? – Depuis le 2 décembre est examinée à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à réformer le processus d’adoption.

Selon Pascale Morinière, présidente nationale des Associations Familiales Catholiques (AFC), ce projet comporte de nombreux aspects allant à l’encontre de l’intérêt de l’enfant.

Déposée par Monique Limon (LREM) sous prétexte de « déringardiser » l’adoption, la proposition de loi suscite de vives polémiques. Poursuivant l’objectif certes louable de favoriser l’adoption d’enfants maintenus en foyer ou en famille d’accueil, elle ouvre néanmoins la voie à des conséquences préjudiciables à la fois envers les enfants mais également les parents, aussi bien biologiques qu’adoptifs.

Actuellement, 2.800 enfants nés en France – pupilles de l’État ou enfants pour lesquels l’autorité parentale a été retirée – sont adoptables. Or seulement 982 enfants ont été adoptés l’an dernier. Pourtant, environ 10.000 familles sont titulaires d’un agrément. Quant aux adoptions internationales, elles sont en chute libre : 4.000 par an étaient prononcées il y a 15 ans contre 400 en 2019. Donc oui, il existe un dysfonctionnement dans le processus d’adoption, que la proposition de loi cherche à palier en facilitant les démarches en vue de donner une famille à un enfant. Cependant, si certaines mesures proposées sont positives […], d’autres demeurent inquiétantes.

Pascale Morinière, présidente nationale des AFC, décrypte pour Aleteia les enjeux de cette réforme.

Aleteia : Quelles sont les principales dispositions qui vous inquiètent ?

Pascale Morinière : Tout d’abord, c’est la disparition de la notion d’intérêt « supérieur » de l’enfant. Un mot qui apparaissait dans la première version du texte puis qui a été supprimé après son passage en commission des lois. Ensuite, le texte prévoit d’ouvrir l’adoption aux personnes pacsées ou en concubinage, le mariage n’étant, selon Monique Limon « pas une garantie de stabilité » pour les enfants. Enfin, la proposition de loi annonce la fin de l’activité des Organismes autorisés pour l’Adoption sur le territoire français, au seul profit de l’Aide sociale à l’enfance. Une mauvaise nouvelle pour les enfants dits « à particularités », et une atteinte à la liberté des parents qui n’auront plus d’autre choix que de remettre leur enfant à l’Etat plutôt qu’à un organisme privé.

Source : fr.aletetia.org

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