Théorie du genre

Variations du développement sexuel : le nouveau cheval de bataille

Variations du développement sexuel : le nouveau cheval de bataille 31 janvier 2020
Variations du développement sexuel

Le projet de loi de bioéthique, en cours d’examen au Parlement, introduit dans le code de la santé publique des dispositions relatives au « Enfants présentant une variation du développement génital ». En novembre dernier, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a publié un avis concernant les « Questions éthiques soulevées par la situation des personnes ayant des variations du développement sexuel ». Cet avis vient en réponse à une saisine du Ministère des solidarités et de la santé. Aude Mirkovic, Maître de conférences en droit privé et porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance, ainsi que Jacques Suaudeau, docteur en médecine et ancien chercheur au National Institute of Health (USA) en proposent un décryptage pour Gènéthique[1]. Regards croisés.

Gènéthique : Quel est l’objet de cet avis 132 publié par le CCNE ?

Aude Mirkovic : L’avis du CCNE porte sur la réponse médicale à apporter aux enfants pour lesquels il est délicat de déterminer, à la naissance, s’ils sont des filles ou des garçons, en raison de l’ambiguïté de leurs organes sexuels. Ceci recouvre des situations très variées, plus ou moins compliquées mais qui relèvent de la morphologie, du physique des personnes. C’est un constat objectif : les organes génitaux sont ambigus. Le CCNE ne retient pas le terme d’intersexe, avec raison, car l’intersexualité vise la situation de personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’alternative homme/femme mais ne sont pas nécessairement concernées par des ambiguïtés physiques. Pour autant, l’intitulé de l’avis est quand même ambigu, car il porte sur la réponse thérapeutique à apporter à des situations pathologiques. Par conséquent, le terme de « variations » du développement sexuel ne convient pas : la variété caractérise l’espèce humaine, et n’appelle pas de réponse thérapeutique. Seule une anomalie, une pathologie, exige une réponse thérapeutique. Sous prétexte de ne pas stigmatiser les personnes concernées, on nie la dimension pathologique de leur état. C’est comme si on parlait de variations génétiques au lieu d’anomalies génétiques : les variations génétiques font la diversité humaine, en revanche les anomalies génétiques appellent une prise en charge et une réponse thérapeutique. Le terme adéquat, qui est celui couramment utilisé par le corps médical, est celui d’anomalie du développement génital (ADG) : il s’agit de personnes qui présentent des organes génitaux atypiques ce qui, dans certains cas, rend délicat voire impossible de déterminer le sexe auquel elles appartiennent.

Jacques Suaudeau : Le problème en ce qui concerne les « personnes intersexes » vient d’abord de l’hétérogénéité de ce groupe. Plus d’une vingtaine de types de ces variations d’intersexualité ont été décrits. L’avis n° 132 indique très justement que « la majorité des cas de variations du développement sexuel ne pose pas de problème d’assignation à un sexe ». Les médecins ont une acceptation restrictive de la notion d’intersexe, n’appliquant ce qualificatif qu’aux personnes auxquelles il ne peut être assigné de sexe à la naissance, compte tenu de la présence d’organes génitaux féminins et masculins (hermaphrodisme). Il s’agit de cas en fait très rares : 2 cas pour 100 000 naissances. Par contre, ainsi que l’indique clairement l’avis du CCNE, les associations des personnes intersexuées ont, quant à elle, une interprétation beaucoup plus large de la notion d’intersexe. Selon elles, 1,7 à 2% des naissances seraient des naissances « intersexes », ce qui veut dire que la majorité de ces cas ne poserait aucun problème d’assignation à un sexe. Ces associations entendent de ce fait « dépathologiser » les variations du développement sexuel.

Source : genethique.org

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Commentaire du CPDH

Une interview très intéressante sur les anomalies de développement sexuel, sujet dont nous avons déjà parlé. Il est triste de constater encore une fois que ce sont les plus faibles, les enfants, qui se retrouvent otages d’une idéologie qui les dépasse. Comme l’explique Aude Mirkovic de Juristes pour l’enfance, ce sont les lobbies ultra-minoritaires qui portent ces questions sur le devant de la scène en changeant le sens des mots.