Famille

Coparentalité : procréer sans s’aimer ni vivre ensemble

Coparentalité : procréer sans s’aimer ni vivre ensemble 10 janvier 2020

Choisir un homme sur un site pour faire un enfant, puis l’élever chacun chez soi ? C’est possible. Après la colocation et le covoiturage, voici la coparentalité. Pur caprice ou famille du futur ?

Déjà une heure qu’ils parlent et que les questions s’enchaînent, à la table de ce café parisien. Si leur ton est jovial, les sujets qu’ils abordent sont loin d’être anodins. « Tu tiens absolument à la garde alternée ? » a demandé Julie à Alan. « Pour moi, l’essentiel c’est la proximité géographique. Alors tant que tu t’engages à ne pas quitter Paris… » Non, Alan et Julie ne sont pas en train de se séparer. Ils ne sont pas parents, non plus, et se rencontrent pour la première fois, après avoir échangé sur le Web.

Car ces deux-là ont un point commun : tellement envie d’un enfant qu’ils sont prêts à envisager de le concevoir puis de l’élever conjointement sans s’aimer ni même vivre ensemble.

Lorsqu’on lui demande pourquoi elle a décidé de s’inscrire sur le site www.co-parents.fr, Julie, 42 ans – ­ qui n’en revient pas elle-même – ­ résume : « La coparentalité, cela commence comme un divorce : tu te retrouves à organiser ta vie future avec un inconnu en vue de préserver l’intérêt de l’enfant que vous n’avez pas encore fait ! Plus jeune, j’ai préféré attendre. Aujourd’hui, je sors avec un mec qui ne vit pas avec moi et ne veut pas d’enfant car il est déjà père divorcé. Je n’ai plus l’âge d’attendre et ne me sens pas capable d’élever un gamin seule. »

La coparentalité : des quadras, rattrapés par leur horloge biologique

Alors que la coparentalité était jadis l’apanage des couples de même sexe, contraints de s’associer à un tiers (géniteur ou coparent à part entière) pour avoir des enfants, cette plateforme internet est la première du genre à ne pas cibler spécifiquement la communauté homosexuelle. Et cela marche : parmi ses 95.000 profils, majoritairement hétérosexuels, on recense un nombre important de quadras rattrapées par l’horloge biologique, mais aussi des femmes bien plus jeunes… et des hommes en quantité qu’on n’aurait pas soupçonnés d’être à ce point en mal de poussettes. Eux non plus n’ont « jamais rencontré la bonne ». Eux aussi auraient préféré « faire un enfant de l’amour ». Ils sont célibataires, déjà mariés avec une femme stérile ou bien en couple gay. Sur ce site, ils exposent les contours de leur projet, qui va de « laisser la garde à la future maman tout en s’investissant fortement dans l’éducation » jusqu’à « élever l’enfant en résidence alternée ».

Source : marieclaire.fr

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