ScoopitTopTwitterTopFacebookTop

vendredi, 24 juin 2016 00:00

La GPA : ce n’est pas le don de soi mais d’un autre !

Écrit par 

En France, mardi 21 juin 2016, les deux projets de lois déposés par les députés Valérie Boyer et Philippe Gosselin à propos du renforcement de la législation contre l’usage des mères porteuses et la constitutionnalisation du principe d’indisponibilité du corps humain, n’ont pas obtenu la majorité nécessaire pour être retenus. La PPL (Proposition de Projet de Loi) du député Gosselin  a recueilli 227 votes favorables et 291 contre, et pour la PPL de la députée Boyer (renforcement de la lutte contre la GPA) : 241 pour et 252 contre. Le faible écart (11 voix) pour ce dernier texte démontre combien les efforts commencés pour interdire tout commerce procréatif doivent être poursuivis.

 

A delà du « score » final se sont les explications de votes qu’il faut « écouter » attentivement. La majorité des députés, qui se sont exprimés, ont insisté sur le fait que le corps humain ne doit pas faire l'objet d'une transaction financière quelconque. Ainsi les groupes politiques, les républicains, l'union des démocrates indépendants (UDI), ont apporté leur soutien aux deux textes proposés. Le Front de Gauche a également soutenu ce texte et son porte-parole, le député André Chassaigne a déclaré ceci : « s’agissant du principe même de la gestation pour autrui, les députés du groupe GDR sont clairement convaincus de la nécessité de lutter contre le développement d’un marché des bébés. Faire entrer l’humain dans un processus commercial ne peut que s’avérer mortifère. Je le dis avec gravité : nous ne validerons jamais une telle évolution de notre société, contraire à la dignité humaine parce que l’être humain n’est pas une chose, qu’il ne peut s’échanger contre monnaie sonnante et trébuchante »[1]. En revanche le groupe « radical, républicain, démocrate et progressiste » et le groupe « socialiste, écologiste et républicain » ont appelé à voter contre, jugeant le texte inutile car la loi française interdit déjà les conventions de gestation par autrui.

Le court débat qui s’en est suivi à ce sujet, entre les députés Valérie Boyer et Erwan Binet, sur le plateau télévisé d’itélé mérite d’être regardé : https://www.youtube.com/watch?v=5mr2V2h3yR8

La député Valérie Boyer y explique que la GPA « ce n’est pas le don de soi dont il s’agit, mais c’est le don d’un autre ».

 

L’avis du CPDH :

L'effort de lutte entrepris par de nombreuses associations, dont le CPDH, et de nombreuses personnalités politiques, contre la banalisation de la GPA, doit être poursuivi car le gouvernement français souffle le chaud et le froid sur ce sujet. Comme le souligne Nancy Lefebvre, juriste du Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) : «si la loi ou la constitution ne sont pas renforcées en ce sens et si, comme le prétendent ceux qui ont voté contre ces propositions de loi, le droit positif suffit, il va falloir veiller à la jurisprudence et aux circulaires du ministère de la justice qui orientent la politique pénale ». Il faudra constamment s’assurer que les textes de lois sont bel et bien appliqués et que les auteurs d’infractions sont bel et bien poursuivis, sinon une tolérance coupable finira par s’installer en France comme ailleurs en Europe, laissant la part belle aux trafics en tout genre. Notre rôle de « veilleur » n’est pas terminé !

Dernière modification le vendredi, 24 juin 2016 08:27